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Mot de notre porte-parole

Prix Bénévole exceptionnel de l'année

Jean Doré a été honoré lors de la rencontre de l'Association des professionnels de la philanthropie,
le 12 novembre dernier. Il a reçu le prix Bénévole exceptionnel de l'année.


Photo : Benoit Legault

Jean Doré
Président de la Fondation des Auberges du cœur et porte-parole officiel

Chaque jeune compte…

Au moment où des milliards sont investis pour assurer la santé d’une population en vieillissement accéléré, il me semble que l’on néglige une autre facette du phénomène du vieillissement de la population, dont la portée est encore plus cruciale pour le développement de notre société : celle des jeunes en difficulté et sans abri. Les conditions extrêmement précaires dans lesquelles vivent ces jeunes commandent des interventions immédiates et soutenues de la part de toute la société québécoise. Quel genre d’avenir social et économique se prépare une collectivité qui détient à la fois le plus haut taux de suicide chez ses jeunes de 18 à 24 ans et un des plus bas taux de natalité en Occident ?

Depuis six ans, j’ai accepté d’associer mon nom à celui des Auberges du cœur du Québec et de soutenir cette œuvre, qui demeure malheureusement trop méconnue. Sises dans 11 régions du Québec, une trentaine d'Auberges du cœur accueillent annuellement 3 500 jeunes en difficulté et sans abri. Chaque nuit, plus de 300 jeunes y dorment en sécurité… un tiers ont moins de 18 ans.

En offrant un séjour prolongé à ces jeunes, âgés de 12 ans à 30 ans, les Auberges travaillent non seulement sur leurs dimensions socio-affectives, mais également sur l’ensemble des conditions de vie qui les conduisent à la rue et qui compromettent leur intégration en société. Depuis 25 ans pour certaines, les Auberges du cœur tentent autant que possible de devenir, pour ces jeunes en mal de racines, des lieux d’appartenance où ils peuvent donner un nouveau sens à leur vie et à la vie en société. Raccrochage social, donc, retour à la famille, aux études, insertion et formation à l’emploi sont les voies privilégiées pour contrer l’abandon familial, l’exclusion sociale, le décrochage scolaire, la toxicomanie, la violence, etc.

Il en coûte bien moins cher, comme société, de financer un tel regroupement de gîtes soutenus par la collectivité dont ils émanent que de récupérer ces jeunes par le biais des organismes gouvernementaux pour la jeunesse ou des diverses instances du système de santé, déjà surchargé. Selon une estimation du gouvernement fédéral, un jeune en difficulté peut coûter jusqu’à un demi-million $ en services avant d’atteindre l’âge adulte, et ce sans garantie que, jeune adulte, il sera en mesure de participer positivement à la société. Face à de tels enjeux, on peut se demander quelle instance est la mieux outillée ? Un réseau étatique débordé et souvent déshumanisant ou des Auberges du cœur enracinées dans leur milieu qui deviennent pour ces jeunes des points d’ancrage et d’appui à leur raccrochage social ?

L’expertise des Auberges du cœur, leur rayonnement national dans les villes et en région, l’originalité de leur approche et leur autonomie d’action m’ont convaincu qu’elles représentent un acteur indispensable de l’intervention auprès de tous les jeunes en difficulté, qui méritent tous qu’on recrée autour d’eux le tissu social et les liens affectifs fondamentaux si nécessaires à l’épanouissement personnel.

En espérant que la cause qui me tient à cœur trouve l’écho nécessaire pour permettre aux jeunes à risque de retrouver l’espoir, de rêver à nouveau et de participer à l’édification d’une société meilleure en tant que citoyen autonome et responsable, je vous invite à vous familiariser avec cette œuvre indispensable.

Le Québec n’a pas les moyens de perdre un seul de ses jeunes !


Biographie

Figure bien connue des milieux d’affaires et politiques, Jean Doré assume la présidence du conseil d’administration de la Fondation des Auberges du cœur. Son engagement envers la cause des jeunes s’inscrit en continuité avec les convictions sociales qui l’ont mené à jalonner son parcours professionnel d’actions militantes. Son credo : le droit à l’éducation, la protection des consommateurs, l’élargissement des droits et libertés.

Dans les années 1970, il fut l’un des protagonistes de la première loi pour la protection des consommateurs à titre de directeur des communications et de directeur général de la Fédération des ACEF. Il a également milité activement à la Ligue des droits de l’Homme, devenue par la suite celle des droits et libertés.

Journaliste, attaché politique de René Lévesque, militant social, Jean Doré devient avocat en 1977, puis en 1983 chef de l’opposition à la Ville de Montréal, qu’il dirigera comme maire de 1986 à 1994. À ce titre, il mettra sur pied la première politique de coopération et de soutien entre une instance gouvernementale et les maisons de jeunes du territoire de Montréal, faisant en sorte que soit enfin reconnue à sa juste valeur l’excellence de leur travail communautaire.

Parce qu’il a la conviction que pour édifier une société meilleure, le Québec doit miser sur sa jeunesse – tous ses jeunes –, il épouse la cause des jeunes en difficulté et sans-abri qu’accueillent les Auberges du cœur du Québec. Le vieillissement accéléré de la population, allié à notre bas taux de natalité, et au haut taux de suicide chez les jeunes sont autant d’enjeux pour l’avenir du Québec qui le font réagir. À tel point qu’il accepte, en 2005, de redevenir une figure publique, cette fois à titre de porte-parole des jeunes à risque, en détresse, sans-abri.

Son implication bénévole, son dévouement et sa très grande sensibilité à la cause des jeunes sont autant d’engagements qu’il mène de front avec ses responsabilités professionnelles à la Caisse centrale Desjardins, à titre de Directeur principal, développement des affaires.


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