Témoignages

Ils témoignent… Nos jeunes et le personnel des Auberges du cœur « au cœur des mots » !

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Éric

« Je sais ce que je vaux, aujourd’hui. C’est précieux, plus que tout. Ado, je n’aimais pas l’école, Ça répétait trop ! J’étais un manuel, fasciné par l’électricité à 12 ans, mais poche en classe. À la maison, ma mère était découragée de mes résultats. On s’affrontait tout le temps. À la veille des examens, j’ai commencé à faire des crises de panique à répétition, j’étais démoli. À 13 ans, on m’a donné du Paxil (un antidépresseur) pendant 6 à 8 mois. Avec ça, plus rien ne me faisait rien ! Je faisais des conneries, ça aurait pu mal virer. Exacerbée, ma mère m’a rentré à l’hôpital, aile psychiatrique pour enfants. On m’a sevré du Paxil. D’un coup sec, en trois semaines. J’ai été sous contention, moi, le claustrophobe, qui voulait sortir de là. C’est dans cet état que je suis arrivé à l’Auberge du coeur de Joliette. J’y suis resté deux mois, pas faciles. J’ai dû réapprendre plein de choses, côté comportement. Mais j’ai compris que ces gens-là, même s’ils ne laissaient rien passer, travaillaient pour moi. Ils m’ont dit : « T’es brillant, y a pas de problèmes ». J’ai aligné mes valeurs. J'ai fait des choix. J’ai trouvé un métier, j’ai gagné ma place, semaine après semaine, sans diplôme. Pas évident. J’ai été tenace et chanceux. Tout de même, je me suis tapé deux ans comme pompiste ! Aujourd’hui, je suis mécanicien de bâtiment et capitaine des pompiers volontaires de Saint-Liguori. Et puis, je suis devenu un passionné d’histoire… J’ai une toute petite maison sur un grand terrain, la forêt tout près et deux chiens. Je suis content et ma mère est fière de moi. »

Maxime Courcy
26 ans, Saint-Liguori

« Sans les Auberges du coeur, je serais morte aujourd’hui. J’ai fait de la prostitution pendant cinq ans, esclave de gangs de Québec et de Montréal. Une intervenante de rue m’a trouvé en hypothermie, en janvier, à moins 40 degrés, en robe soleil. J’étais en fuite, je pesais 88 livres, un cadavre ambulant. J’avais 17 ans. Je venais de l’aéroport, en provenance de la République dominicaine. J’avais été vendue comme prostituée, par un gang de Montréal, à un Dominicain. J’étais disloquée, folle, violente, en crise, droguée. Je rentrais de l’enfer. On m’a reçue à l’Auberge en urgence, j’y suis restée plus de 18 mois. On m’a reconstruite, morceau par morceau. Un plan d’intervention sur mesure. On a payé une thérapeute spécialisée pour me désensibiliser. J’avais une peur atroce du noir, des Noirs, de l’eau, des chiens. Je ne dormais presque plus. Si je dormais, je faisais des cauchemars qui me terrassaient. Ça ne m’était jamais arrivé, autant de soutien moral. Comment quelqu’un pouvait-il croire en moi ? Je me rappelle les ateliers de connaissance de soi. Je ne me connaissais pas, évidemment. J’avais toujours été celle qu’on voulait que je sois. Et puis, il y a eu des menaces contre le personnel, on m’avait repérée. Quitter l’Auberge, briser ce lien de protection a failli me plonger dans le vide. Le travail s’est poursuivi avec une autre ressource où m’a envoyée l’Auberge. J’ai émergé deux ans plus tard et poursuivi mes études. Sans les Auberges du coeur, je me serais tuée c’est sûr. »

Karine
27 ans, Québec

« Derrière les airs baveux et les coups de gueule, n’y a-t-il pas un vide immense, une soif intense d’être reconnu, accepté, accueilli, le désir brûlant d’une rencontre qui leur permette de se sentir chez soi quelque part ? Or, les Auberges tentent précisément d’être cela, l’occasion d’une rencontre, d’un lien qui redonne à chaque jeune le sentiment qu’il a sa place dans la communauté, tel qu’il est. »

Marc St-Louis, ancien directeur
Auberge du coeur Maison Habit-Action, Drummondville

« Certains sont arrivés à l’Auberge du coeur avec un bagage de souffrances innommables tandis que d’autres avaient vogué de malchances en mauvaises décisions […]. »

Rémi Fraser, Coordonnateur - Reconnaissance et financement
Regroupement des Auberges du Coeur du Québec, Montréal